Depuis quelques mois, déjà, je commence à écumer la page blanche comme si c'était une petite amie. Tout devient vite insipide et il ne faut pas avoir des pavés de romans derrière soi pour savoir, en une ligne, si ce que l'on a commencé à écrire vaut le coup. Je parle du fait si cela va être plaisant à écrire et non à être vendu. L'édition, il y a un temps, me séduisait mais j'ai dégonflé mes jambes de Victor Hugo et je commence à reprendre les bases. Une idée. Des personnages. Un titre. Une intrigue, ou du moins, un certain fil conducteur. J'essaye de cadrer mon appareil illusoire en photographiant mes souvenirs et la réalité, accouplant les deux et priant le bon dieu.
J'ai appris aussi que l'on a beau avoir cent idées, si l'on est pas foutu d'en mettre une seule sur le papier alors autant faire prof d'université et se la coulait douce dans les limbes du dollar et de l'euro. Je me suis aussi rendu compte que : écouter de la bonne musique n'entraîne pas forcément l'écriture. Il faut écouter de la musique qu'on aime, bien sûr, mais surtout qu'on connait pour vite filer dans son inconscience. Ainsi, Avril Lavigne et Courtney Love sont révélées très douées. Désolé Radiohead et Tom Waits. Mais avant tout, j'ai pris conscience que écrire, c'est comme serrer la main du diable. On ne s'en sort pas toujours vivant, ou pas toujours identique en tout cas et que l'on a beau écrire à minuit, dans le noir, en insultant le monde, au final, on veut être lu. Donc on écrit en pensant à ceux qui vont nous lire. On rectifie des phrases qui n'ont pas à être modifiées et on laisse d'autres, totalement bancales, parce qu'elles vont plaire.
Dans tous les cas, il faut écrire : c'est mauvais pour la santé, j'ai l'impression, mais chacun sa croix.
Chacun sa nicotine et son cancer.